Au Complexe scientifique, on récupère!
par Philippe Cantin
Une véritable révolution en matière de récupération
Dix bacs roulants de 360 litres remplis de matières auparavant considérées comme non récupérables : c'est ce que récupèrent chaque semaine depuis mai 2008 les laboratoires du gouvernement du Québec situés au Complexe scientifique.
Petite histoire d'une grande réussite
En avril 2006, le programme VISEZ juste! a fait son entrée grâce à la collaboration de Recyc-Québec et de Mme Ève Roussel, directrice au Complexe scientifique pour la Société immobilière du Québec (SIQ). Les plastiques « codés » (c'est-à-dire ceux affichant un chiffre dans un ruban de Möbius*), le verre et les métaux pouvaient désormais être récupérés dans les salles à café et à la cafétéria. Cela s'ajoutait à la récupération du papier et du carton qui s'effectuait déjà au Complexe scientifique.
Puis, un souhait présent chez le personnel du Centre d'expertise en analyse environnementale du Québec (CEAEQ) depuis plusieurs années a enfin pu se réaliser. Pourquoi ne pas récupérer aussi les contenants de verre et de plastique des échantillons acheminés aux laboratoires? Des bacs roulants ont été placés dans quelques laboratoires du Complexe scientifique et cette intervention a permis pour les années 2006 et 2007 la récupération d'environ 45 000 récipients de plastique codé et de verre clair qui autrement auraient pris le chemin de la poubelle; ces récipients provenaient des laboratoires du CEAEQ, du ministère des Ressources Naturelles et de la Faune et de ceux de l'Institut de recherche et de développement en agroenvironnement.
Mais malgré ces efforts, compte tenu que l'entreprise mandatée par Recyc-Québec ne récupérait que les matières résiduelles affichant le ruban de Möbius, le verre et le plastique non codés n'étaient toujours pas détournés du site d'enfouissement. Une étude de caractérisation de l'ensemble des matières résiduelles du Complexe scientifique alors commandée par Mme Roussel a démontré que ces matières, même si elles n'affichaient pas le ruban de Möbius, étaient composées en majorité de plastiques normalement recyclables. Il fallait trouver une voie permettant de les récupérer. Madame Danielle Thomassin, alors chimiste au CEAEQ, a donc cherché avec l'aide de la SIQ et de Recyc-Québec une entreprise capable de reprendre ce matériel. Les efforts ont finalement été récompensés puisque c'est la firme Gaudreau Environnement qui, moyennant un léger tri à la source, récupère maintenant ces matières résiduelles.
Depuis mai 2008, on récupère donc le maximum : bouteilles de verre ayant contenu des produits chimiques et des échantillons d'eau, bouteilles de plastique, emballages et sacs de plastique, nacelles à pesée et papier d'aluminium, pipettes et tubes en plastique et même couvercles de boîtes de Pétri dans lesquelles il n'y a pas eu de croissance bactérienne. Le personnel des laboratoires décontamine le matériel qui a contenu des produits chimiques, des échantillons toxiques ou des microorganismes ou envoie le matériel trop contaminé à des entreprises spécialisées, afin d'éliminer tout danger pour les employés de la compagnie de récupération, l'environnement et la santé publique.
Retombées
Le mouvement fait déjà des petits! Les employés des laboratoires du ministère des Transports et ceux du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation participent maintenant à la récupération. Un voisin du Complexe scientifique, le Centre de recherche industrielle du Québec, s'efforce aussi de mettre en branle une initiative similaire.
Le succès de la récupération s'explique par la volonté conjointe de plusieurs. La SIQ a enclenché le mouvement et a inclus la récupération dans ses contrats avec les firmes d'entretien ménager du Complexe scientifique et avec celles qui cueillent les déchets et les matières recyclables. Les directions et le personnel des différents ministères et organismes ont mis en place des moyens peu dispendieux pour faire le tri à la source.
Perspectives d'avenir
Et ce n'est qu'un début! Pour l'avenir, le CEAEQ souhaite que les quelques 70 laboratoires qu'il accrédite sur le territoire du Québec de même que les entreprises voisines du Complexe scientifique dans le Parc technologique du Québec métropolitain emboîtent le pas.
Philippe Cantin, microbiologiste Responsable du secteur Microbiologie du CEAEQ Membre du Comité de valorisation écologique du Complexe scientifique Tél.: 418 643-8225, poste 228 philippe.cantin@mddep.gouv.qc.ca |
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